5 minutes
Proxmox : le guide complet pour démarrer votre homelab
Proxmox, c’est la fondation de mon homelab. Sans lui, je ne pourrais pas faire tourner mes VMs, mes containers, ou mes services de façon isolée. Voici comment je l’ai mis en place, les erreurs que j’ai évitées, et les配置 que j’utilise aujourd’hui.
Pourquoi Proxmox ?
Avant Proxmox, je faisais tourner tout sur une seule machine Ubuntu. Docker, les services, les scripts… tout mélangé. Le jour où un service a planté et a mangé toute la RAM, j’ai tout perdu.
Proxmox, c’est la solution : un hyperviseur opensource qui permet de découper une machine en plusieurs VMs et containers. Chaque service a sa propre boîte, ses propres ressources, et si un plante, les autres continuent de tourner.
Proxmox vs VMware vs VirtualBox :
- VMware ESXi : gratuit pour l’usage personnel, mais propriétaire etfermé
- VirtualBox : trop lent pour un serveur, pas de gestion centralisée
- Proxmox : open-source, gratuit (version community), interface web propre, clustering intégré
Pour un homelab, Proxmox est le meilleur choix.
Installation
Prérequis
- Un serveur dédié (mini-PC ThinkCentre, Dell OptiPlex, ou même un vieux PC)
- 8 Go de RAM minimum (16 Go si possible)
- Un SSD pour le système (256 Go suffisent)
- Une clé USB pour l’installateur
Étapes
- Téléchargez l’ISO de Proxmox VE sur proxmox.com
- Créez une clé USB bootable (avec Rufus ou Etcher)
- Boot sur la clé, suivez l’assistant
- Configurez le réseau : une IP statique, un masque, une passerelle
- Accédez à l’interface web sur
https://IP:8006
Astuce : pendant l’installation, choisissez “ext4” pour le filesystem. ZFS est plus avancé mais consomme plus de RAM, et pour un homelab débutant, ext4 suffit.
La première VM
Après l’installation, créez votre première VM. Mon conseil : une VM Ubuntu Server légère pour Docker.
Paramètres recommandés pour une VM Docker :
- CPU : 2 cœurs
- RAM : 4 Go
- Disque : 30 Go (thin provisioned)
- Réseau : bridged (même réseau que l’hôte)
Pour créer la VM : CLI → Créer VM → Nommer → choisir l’ISO → configurer CPU/RAM/disque → Terminer.
Astuce Proxmox : utilisez les templates cloud-init pour les VMs Ubuntu. Ça automatise la configuration réseau, les users, et les packages au premier boot.
Les containers LXC
Proxmox supporte aussi les containers LXC, plus légers que les VMs. Un container partage le noyau de l’hôte, donc il consomme moins de ressources.
J’utilise les containers pour les services légers : Pi-hole (DNS), Uptime Kuma (monitoring), Homepage (dashboard). Chaque container a sa propre IP et son propre filesystem.
Pourquoi pas Docker partout ? : Docker est fantastique pour les services complexes, mais pour un simple DNS ou un outil de monitoring, un container LXC est plus simple et plus rapide à déployer.
Le réseau
La configuration réseau est critique dans un homelab. Voici mon setup :
- Bridge vmbr0 : réseau principal, toutes les VMs et containers y sont connectés
- IP statiques : chaque machine a une IP réservée dans le DHCP Freebox
- DNS local : Pi-hole résout les noms locaux (*.home)
- Firewall : Proxmox a un firewall intégré, mais je préfère gérer ça au niveau du router
Piège courant : si vos VMs ne se voient pas entre elles, vérifiez que le bridge est correctement configuré et que le firewall n’est pas trop restrictif.
Le backup
Proxmox a un système de backup intégré (vzdump) qui fonctionne très bien. Mon setup :
- Backup local : chaque VM est sauvegardée chaque nuit sur le datastore local
- Backup distant : une copie est envoyée vers le NAS Synology via NFS
- Rétention : 7 jours de backups, rotation automatique
Pour configurer un backup : Datacenter → Backup → Ajouter. Choisissez le mode (snapshot, suspend, ou stop), la rétention, et la destination.
Leçon apprise : testez vos backups régulièrement. Rien de pire qu’un backup corrompu le jour où vous en avez besoin. Restaurez une VM dans un environnement de test pour vérifier.
Le clustering
Quand vous avez plus d’un serveur Proxmox, le clustering est la suite logique. Un cluster Proxmox permet de migrer des VMs entre les nœuds, de répartir la charge, et d’augmenter la résilience.
Mon setup : trois ThinkCentre mini-PCs en cluster. Si un tombe, les VMs migrent automatiquement vers les autres nœuds.
Pour démarrer un cluster :
- Installez Proxmox sur chaque nœud
- Sur le premier nœud : Datacenter → Cluster → Créer
- Sur les autres : Datacenter → Cluster → Rejoindre
- Copiez le token et collez-le sur le nœud qui rejoint
Attention : le clustering nécessite un réseau fiable entre les nœuds. Si vous avez des coupures réseau fréquentes, le cluster peut se désynchroniser.
La gestion des ressources
Un homelab, c’est un équilibre entre les ressources. Voici comment je les répartis :
- CPU : les VMs critiques (Home Assistant, DNS) ont des cœurs dédiés
- RAM : les VMs Docker ont des quotas fixes, les autres en partagent
- Stockage : les données critiques vont sur le NAS (NFS), les tmp sur le local
Astuce : utilisez les “shares” Proxmox pour limiter la consommation d’une VM. Si une VM Docker mange toute la RAM, les autres en souffrent.
Les erreurs que j’ai évitées
- Ne pas tout mettre sur une seule VM : si elle plante, tout est perdu
- Configurer le backup dès le départ : pas après la première panne
- Utiliser des IP statiques : le DHCP, c’est bien pour les clients, pas pour les serveurs
- Ne pas sous-estimer la RAM : chaque VM en consomme, même à l’arrêt
- Tester les restores : un backup non testé, c’est pas un backup
Mon setup actuel
Pour vous donner une idée, voici ce que fait tourner mon cluster Proxmox :
- 3 VMs Docker (services web, monitoring, veille)
- 2 containers LXC (Pi-hole, NAS virtuel)
- 3 VMs Kubernetes (cluster k3s)
- 1 VM Home Assistant
- 1 VM pour l’agent IA (Hermes)
Total : ~12 Go de RAM, 8 cœurs CPU, et tout tourne sans problème sur trois mini-PCs.
Conclusion
Proxmox est la fondation idéale pour un homelab. Il est gratuit, puissant, et scalable. Commencez avec une seule machine et un cluster de VMs, et ajoutez des nœuds quand vous en avez besoin.
La clé, c’est de ne pas se précipiter. Installez Proxmox, créez une ou deux VMs, configurez le backup, et familiarisez-vous avec l’interface. Le reste viendra naturellement.
Et n’oubliez pas : un homelab sans backup, c’est un château de sable. Configurez vzdump dès le premier jour.